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Le soldat invisible
[ 08/09/08 ]
Et si l'avenir des armées était de devenir invisibles. C'est l'histoire racontée par « The Economist », de Michel Malao des forces spéciales françaises, qui a en toute clandestinité participé à plusieurs opérations d'exfiltration de Français dans des zones de conflit en Afrique. Son avantage sur ses adversaires tient en grande partie à son famas, le fusil d'assaut de la manufacture des armes de Saint-Etienne. Une arme furtive qui ne reflète pas les lumières même les plus brillantes. En revanche, Michel Malao, qui a quitté les FAS sans aucune blessure, pouvait, lui, facilement repérer l'AK-47, la célèbre kalachnikov, l'arme la plus utilisée par les rebelles.
La grande différence tient au développement de nouveaux alliages non réflectifs. D'après l'hebdomadaire britannique, ce n'est qu'une toute petite partie des recherches actuelles menées sous le sceau du secret-défense, en Amérique et en Europe, pour améliorer le camouflages des armées. Même le simple kaki des uniformes est relooké par des designers travaillant avec de nouveaux logiciels incorporant les derniers travaux des neuroscientifiques en matière de compréhension de la vision humaine. Là où tout se complique pour la communauté scientifique, c'est que le soldat ne doit pas être seulement invisible mais son corps doit dégager le moins de chaleur possible. Car grâce aux infrarouges ou encore à la vision thermique, on peut le repérer de loin et l'identifier. Les talibans en Afghanistan se sont ainsi équipés de matériels de repérage de ce type. Ce qui est bien entendu un signe. Du coup, les chercheurs s'efforcent de fabriquer des vêtements pour bloquer la chaleur dégagée par le corps humain. Cacher un soldat est une chose, détecter du matériel en est une autre. Ainsi, pendant les bombardements de l'Otan sur la Serbie, l'aviation alliée a fait plus de 38.000 vols au-dessus de ce pays, mais a détruit très peu de matériel militaire serbe. Car Belgrade avait mis comme cible des chars de bois, voire de simples bâches. Le véritable matériel avait été soigneusement caché sous des feuillages qui en principe gênent la détection des radars. Aujourd'hui la course aux armements a pris un nouveau tournant, conclut « The Economist ». C'est une course entre la dissimulation et la détection.
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