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Automobile américaine : l'examen du plan d'aide aux « big three » reporté
[ 21/11/08 ]
DE NOTRE BUREAU DE NEW YORK.
Les cours de General Motors (GM) et Ford ont rebondi hier, en milieu de journée, à l'annonce d'un accord bipartisan sur un plan d'aide à l'industrie automobile. Mais leurs espoirs ont été rapidement déçus lorsqu'il est devenu clair que l'examen du « compromis », échafaudé par 4 sénateurs, serait reporté. Faute de garanties suffisantes, les leaders démocrates du Congrès ont en effet bloqué toute action immédiate en ce qui concerne l'adoption d'un dispositif d'assistance d'urgence aux « big three » (GM, Ford, Chrysler) face à la crise du crédit.
« Tant que les constructeurs ne nous montrent pas leur plan, nous ne pouvons pas leur montrer l'argent », a résumé la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Malgré la dramatisation de la situation de GM, qui déclare risquer d'être à court de liquidités au début 2009, les leaders parlementaires estiment que les « big three » n'ont pas apporté de garanties suffisantes sur l'utilité d'un prêt relais de 25 milliards de dollars et surtout sur le fait que l'argent du contribuable ne serait pas dilapidé.
Face à l'opposition de la Maison-Blanche et des sénateurs républicains à l'utilisation du plan de 700 milliards de dollars destiné au sauvetage du secteur financier, un compromis pourrait être trouvé sur l'extension du prêt de 25 milliards de dollars, déjà adopté par le Congrès, en vue d'accélérer le passage à la production par les trois constructeurs de véhicules à faible consommation de carburant.
Demande de garanties
En tout état de cause, l'octroi d'une aide serait strictement conditionné à la présentation d'un plan stratégique des « big three » et à de sérieuses garanties sur l'utilisation des fonds publics. Un groupe de 4 sénateurs, les démocrates Carl Levin et Debbie Stabenow et les républicains George Voinovich et Christopher Bond, a présenté hier une tentative d'accord. Mais les leaders du Congrès ont indiqué que toute aide supplémentaire ne pourra pas être examinée avant le 2 décembre. La Maison-Blanche a cependant appellé à trouver une solution le plus vite possible. Face à la chute des ventes d'automobiles qu'il impute à la crise du crédit, le PDG de GM, Rick Wagoner, a plaidé pour l'obtention d'un prêt relais d'urgence de 25 milliards de dollars, en soulignant que la faillite du constructeur pourrait se traduire par la perte de 3 millions d'emplois (y compris les emplois indirects). La branche de services financiers de GM, GMAC, détenue à 49 % par GM et à 51 % par Cerberus (actionnaire de Chrysler), a annoncé hier avoir demandé à la Fed le statut de « holding bancaire », afin d'obtenir l'accès au guichet de 700 milliards destiné au secteur financier. De son côté, le président du syndicat automobile UAW, Ron Gettelfinger, qui a apporté son soutien à Barack Obama pendant la campagne, considère qu'une initiative « immédiate » du Sénat est indispensable pour éviter une faillite de GM et de Chrysler.
Même si un compromis entre démocrates et républicains était finalisé, il faudrait qu'il soit approuvé par une majorité de 60 sénateurs au moins.
PIERRE DE GASQUET
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