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L'augmentation de capital de Natixis contestée par deux fonds
[ 20/08/08 - 16H41 - actualisé à 19:03:00 ]
Les fonds spéculatifs Royal Capital Management et Greenlight Capital souhaitent que la banque française cède une partie de sa participation dans ses maisons-mères au lieu de lever comme prévu 3,7 milliards d'euros en septembre.
La pression s'accroît sur Natixis. Le fonds spéculatif américain Royal Capital Management, actionnaire de la banque française depuis avril 2007, a vivement critiqué mercredi l'augmentation de capital de cette dernière. "L'augmentation de capital de Natixis d'un montant de 3,7 milliards d'euros est inacceptable", affirme le gérant du hedge fund new-yorkais Robert W. Medway dans une lettre ouverte au directeur général de Natixis, publiée merdredi.
Mardi, un autre hedge fund américain, Greenlight Capital avait déjà dénoncé cette opération, la jugeant "extrêmement destructrice" de valeur et contraire aux intérêts des actionnaires de la banque. Greenlight proposait au contraire que Natixis cède une partie de sa participation, estimée à 9,4 milliards d'euros, dans ses maisons-mères, les groupes Banque Populaire et Caisse d'Epargne. Cette solution, moins destructrice de valeur selon lui, "aiderait à restaurer" la relation entre les deux grands groupes mutualistes et leurs clients, estime le président du hedge fund, désormais "pleinement soutenue" dans sa démarche par Royal Capital Management.
Du côté de la banque, on déclare ne pas envisager de changer de cap malgré la pression des deux hedge funds. La participation de Natixis dans ses maisons-mères est "une source de profit" pour la banque et lui permet de "lisser ses résultats" sur le long terme, souligne-t-on de même source.
Lourdement exposée à la crise des crédits hypothécaires à risque ("subprime"), Natixis a enregistré des pertes de près de 4 milliards d'euros sur son portefeuille d'actifs depuis un an. Elle a annoncé un plan de licenciement et une augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros qui devrait intervenir en septembre.
Compte tenu de l'importante chute du titre depuis l'entrée en Bourse de Natixis, dont l'action avait coté à 19,55 euros fin 2006 alors qu'elle ne vaut aujourd'hui plus que 5,58 euros, "il serait étonnant que des particuliers des réseaux Banque Populaire et Caisse d'Epargne souscrivent à l'augmentation de capital", confie à l'AFP un analyste financier ayant requis l'anonymat. Or, comme l'augmentation de capital va accroître sensiblement le nombre d'actions Natixis en circulation, un actionnaire individuel touchera, avec le même nombre d'actions détenues, un dividende 40% moins élevé, souligne cet analyste.
La banque française doit publier ses résultats du deuxième trimestre le 28 août avant son assemblée générale le lendemain qui doit autoriser la direction à procéder à l'augmentation de capital. L'issue de vote ne fait guère de doute, les deux actionnaires principaux détenant près de 70% du capital de la banque. (source AFP)
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