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Coût de la rentrée : l'allocation est distribuée aujourd'hui, les associations sont divisées

[ 20/08/08  ]

Quelque 3 millions de familles reçoivent aujourd'hui l'allocation de rentrée, modulée pour la première fois en fonction de l'âge des enfants. Selon Familles de France, le coût de la rentrée scolaire baisserait de 7 %. Un chiffre contesté par deux autres organisations familiales, qui anticipent une légère hausse.

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Après s'être serré la ceinture pendant leurs vacances, les Français vont-ils devoir à présent surveiller leurs dépenses de rentrée ? Comme chaque année, à deux semaines de la reprise des cours, les parents d'élèves arpentent les supermarchés en quête des fournitures scolaires. Une addition souvent salée en perspective, en particulier pour les familles nombreuses. Sera-t-elle plus raisonnable en cette rentrée 2008 ? Les avis divergent. Hier, l'association Familles de France s'est félicitée d'une baisse de 7,67 %, qu'elle juge inédite depuis vingt-quatre ans. L'équipement d'un collégien de sixième coûterait ainsi 190,82 euros, contre 206 euros l'an passé. Un recul que Familles de France attribue à l'effet « liste Darcos ». En juillet, le ministre de l'Education nationale a conclu un accord avec plusieurs grandes surfaces prévoyant une modération des prix sur une trentaine d'articles jugés indispensables (trousse, agenda...) par les organisations familiales et les associations de parents d'élèves (PEEP, Familles de France...).

Paradoxalement, l'enquête montre cependant que le principal effort est venu des enseignes spécialisées, qui, pourtant, ne participaient pas à l'opération ministérielle. Plus chères à l'origine, elles ont baissé leurs prix de 30,27 %, contre -0,23 % pour les supermarchés et +0,98 % pour les hypermarchés. « Les magasins spécialisés ont craint de se retrouver dans le rôle du mauvais élève et ils ont cassé les prix », fait valoir Henri Joyeux, le président de Familles de France. Ce bon résultat, s'il satisfait la Rue de Grenelle, ne fait cependant pas l'unanimité. Deux autres organisations familiales, la Confédération syndicale des familles (CSF) et l'Union des familles laïques (Ufal), anticipent en effet à l'inverse une légère hausse des prix, de 1 à 3 %.

Dans ces conditions, l'allocation de rentrée scolaire (ARS) versée aujourd'hui à 2.970.000 familles ne sera pas de trop. Elle sera, pour la première fois, modulée selon l'âge des enfants : 272 euros pour un écolier (6 à 10 ans), 287 pour un collégien (11-14 ans), 297 pour un lycéen (15 à 18 ans). Un geste consenti par le gouvernement aux organisations familiales qui s'agaçaient au printemps de voir les économies générées par la majoration unique des allocations familiales à 14 ans leur échapper.

« Insuffisant pour les lycéens »

Cette réforme, qui coûtera 50 millions supplémentaires (sur 1,3 milliard), ne les satisfait pas complètement. « On donne trop aux écoliers, c'est satisfaisant pour les collégiens, mais c'est insuffisant pour les lycéens », estime Familles de France. « Le montant de l'ARS de base n'ayant pas été réévalué (...), l'allocation ne suit pas l'évolution du coût de la vie, particulièrement important en 2008 », regrette la CSF. La question prend un tour politique dans un contexte économique assombri. Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a proposé d'augmenter de 25 % l'ARS pour « redonner du pouvoir d'achat aux Français ».

LAURENCE ALBERT
 
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