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La tarification à la seconde est déjà appliquée en France
[ 20/08/08 ]
Pour les appels émis ou reçus depuis l'étranger, Orange, SFR et Bouygues Telecom facturent depuis toujours la première minute dans sa totalité. Ce n'est plus le cas pour les appels nationaux.
Le diable se niche dans les détails. Et dans la jungle tarifaire de la téléphonie mobile, les détails ne manquent pas. Il faut donc s'abîmer les yeux à la lecture des notes de bas de page des brochures commerciales pour apprendre que les opérateurs français pratiquent, dans la plupart des cas, la première minute indivisible pour les appels mobiles émis ou reçus depuis l'étranger (« roaming »), au grand dam de Bruxelles.
Ainsi, Orange ne décompte les appels à la seconde qu'une fois la première minute de communication écoulée. Même chose pour les clients de SFR, qui bénéficient de l'option « Monde » (gratuite). Pour les abonnés SFR ayant choisi l'offre « Vodafone Passeport », les appels émis à l'étranger sont, en revanche, facturés à la seconde dès la première seconde, mais s'ajoute un coût de connexion de 1 euro minimum. Enfin, chez Bouygues Telecom, la première minute est également indivisible, puis intervient une facturation par paliers de 30 secondes. Cette façon de faire payer la première minute de communication dans sa totalité ne date pas d'hier. Elle est même la règle depuis que le « roaming » existe.
Tarifs de gros
Cette politique commerciale ne constitue donc par une réaction des trois opérateurs français visant à compenser la baisse des prix des appels européens exigée l'an dernier par Bruxelles (lire ci-dessus). « La première minute est indivisible pour nos clients car les tarifs de gros pratiqués entre les opérateurs eux-mêmes sont le plus souvent facturés à la minute, justifie un opérateur. En outre, cela compense l'absence de coût d'accès pour un client étranger qui appelle depuis notre réseau. »
Jusqu'à présent, rien n'oblige les opérateurs à adopter une facturation à la seconde dès la première seconde pour les appels émis ou reçus à l'étranger. Ce qui n'est pas le cas pour les appels hexagonaux. Adoptée mi-2004, la loi pour la confiance dans l'économie numérique a mis fin au crédit temps en imposant aux opérateurs de proposer une tarification à la seconde « pour les communications métropolitaines ». A l'époque, des formules facturées à la seconde avaient déjà été introduites par Orange, SFR et Bouygues Telecom, mais elles étaient le plus souvent réservées à certains abonnés à des forfaits, et proposées en options payantes.
FRÉDÉRIC SCHAEFFER
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