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IBM confirme son engagement dans les nanotechnologies

[ 27/06/08  ]

Le groupe investira 90 millions de dollars dans un nouveau bâtiment de son centre de recherche zurichois.

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DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE À ZURICH.

IBM va investir 90 millions de dollars à Zurich dans la construction d'un laboratoire de recherche sur les nanotechnologies, dans le cadre d'un nouveau partenariat avec l'Institut fédéral des technologies de Zurich (ETH, Eidgenössische Technische Hochschule). Un investissement qui illustre bien sa stratégie en matière d'innovation. Il confirme ainsi son intention de faire croître la part de sa R&D réalisée en partenariat, mais aussi sa volonté d'asseoir l'innovation sur la recherche fondamentale. IBM compte, en effet, sur les nanotechnologies pour l'aider à concevoir l'informatique du futur : nouvelles technologies de gravure des puces, résolution des problèmes de stockage et de transfert de données dans le contexte d'une poursuite de la miniaturisation.

IBM et l'ETH ont déjà une longue tradition de collaboration dans différents domaines, mais l'accord qui vient d'être signé dans les nanotechnologies va plus loin. Tout d'abord, il s'agit de la création d'une infrastructure commune, conçue pour répondre aux besoins des chercheurs d'IBM et de l'ETH, qui ont établi ensemble le cahier des charges. Le nouveau bâtiment dont la première pierre devrait être posée en mars 2009, sera situé sur le campus du centre de recherche d'IBM à Zurich-Rüschlikon. Il est totalement financé par le groupe - à hauteur de 90 millions d'euros -, l'ETH s'engageant pour sa part, sur dix ans, à louer des locaux. La surface attribuée aux laboratoires (quelque 900 m2 sur un total de 2.400 m2) est en effet divisée en trois : une zone dédiée à IBM seul, une zone dédiée à l'ETH seul et une zone partagée où seront mis en oeuvre les projets communs.

Licences non exclusives

La recherche dans les nanotechnologies nécessitant des infrastructures particulièrement coûteuses, la prise en charge par IBM de la construction du bâtiment était la bienvenue. En Suisse, les grands instituts fédéraux de recherche comme l'ETH fonctionnent en effet sur la base de budgets annuels, ce qui empêche d'étaler le financement des investissements sur plusieurs exercices. « Le dernier laboratoire comportant des salles blanches permettant de travailler sur les nanotechnologies que nous avons construit, il y a deux ans, était censé satisfaire les besoins de l'ETH et de ses partenaires industriels pendant dix ans, or il y a déjà une liste d'attente, explique Peter Chen, vice-président chargé de la recherche à l'ETH. Cela s'explique par l'extension considérable des champs d'application potentiels des nanotechnologies. »

« Mais, bien sûr, il n'est pas seulement question de bénéficier de locaux, souligne Matthias Kaiserswerth, du centre de recherche d'IBM à Zurich. Il s'agit avant tout d'un partenariat entre chercheurs du meilleur niveau scientifique. » Gage de cette excellence, deux prix Nobel de physique ont été décernés successivement, en 1986 et 1987, à des scientifiques du centre de recherche d'IBM à Zurich, pour l'invention du microscope à effet tunnel, et pour la découverte de la supraconductivité à haute température. Quant à l'ETH et à la Suisse de façon plus large, ils figurent « parmi les tout premiers acteurs, en Europe et même dans le monde dans le domaine des nanotechnologies », selon John Kelly, directeur de la recherche d'IBM. Zurich est, de fait, le seul centre de recherche qu'IBM ait ouvert sur ce sujet, en dehors des Etats-Unis, où il dispose déjà de trois implantations, deux à New York et une troisième en Californie (San Jose).

L'ETH espère pour sa part, au contact d'IBM, accomplir des progrès en matière de transfert de technologie. « En Suisse, observe Ralph Eicher, président de l'ETH Zurich, nous sommes forts en science fondamentale, mais beaucoup moins quand il s'agit de convertir en produits les résultats de recherches. Nous espérons faire des progrès. » C'est sans doute ce manque d'efficacité relatif en matière de transfert de technologie qui a permis à IBM de prendre un risque - calculé - concernant la gestion de la propriété industrielle issue de cette collaboration.

Chaque partenaire concédera en effet à l'autre une licence non exclusive sur les inventions technologiques issues de leurs travaux communs. De ce fait, l'ETH pourra très bien concéder une licence à un concurrent d'IBM. Si IBM a pris ce risque, c'est qu'il estime, « en tant que co-inventeur de la technologie, être capable d'aller plus vite qu'un éventuel concurrent pour l'intégrer à des produits ». Après la mise dans le public d'un certain nombre de ses brevets dans les domaines du développement durable et des logiciels libres, IBM, qui est le premier déposant de brevets au monde depuis des années, manifeste à nouveau quel rôle stratégique il accorde à la propriété industrielle pour construire sa politique d'innovation.

CATHERINE DUCRUET

Le centre de recherche d'IBM à Zürich
Créé en 1956, le centre de Zurich-Rüschlikon rassemble aujourd'hui :
- 350 salariés
- 4 prix Nobel de Physique
- 6 grands domaines de recherche : les puces de l'avenir, les nanotechnologies, les superordinateurs, les serveurs avancés et les technologies de stockage, la sécurité et la confidentialité des données, l'optimisation des process industriels.
 
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