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BABYLON A.D. de Mathieu Kassovitz
Pot-au-feu
[ 20/08/08 ]
Un film d'action épique et spectaculaire, qui semble tiré d'une autre époque. Kassovitz fait mijoter le cinéma de sa jeunesse pour servir un film dédié à ses enfants.
Avec Vin Diesel, Michelle Yeoh, Mélanie Thierry, Charlotte Rampling, Lambert Wilson. 1 h 41.
De temps à autre, une production française colossale surgit avec le fracas d'un bulldozer. A échelle hollywoodienne, ces superproductions sont les coureurs du peloton du cinéma grand public. Sans briguer le maillot jaune, Mathieu Kassovitz pédale honorablement avec cette adaptation en anglais du best-seller de Maurice G. Dantec, « Babylon Babies ». L'auteur de « La Haine » a convoqué deux stars que nous aimons bien : le balèze Vin Diesel et la belle amazone de Hong Kong, Michelle Yeoh. Tout commence dans un avenir lointain et dans la boue d'une Europe en feu. Un mercenaire américain sans illusion avance en roulant des épaules. Un mafieux (Depardieu, royal cabot) lui propose une mission périlleuse : conduire une jeune fille à New York avec, à la clef, un passeport pour sortir du chaos.
Scènes spectaculaires
Le voyage est semé d'embûches mais petit à petit le passeur comprend la valeur inestimable de sa passagère. Posé dans son bel écrin de lumière rouille, « Babylon A.D. » est d'abord une oeuvre de technicien. Le message nihiliste passe vite à la trappe et on admire un collier de scènes spectaculaires, dont une fulgurante poursuite en motoneige sur la banquise ou un poétique voyage en hélico... « Babylon A.D. » charme et surprend surtout par le côté anachronique de la machinerie. Vin Diesel dans son treillis ressemble à un Big Jim tiré du coffre à jouets d'une maison de campagne. Comme l'ensemble du film, il exhale le fumet de ces bons vieux plats à base de restes : miettes de « Terminator », hachis de « Mad Max », un filet de « Blade Runner » et deux tours de moulin à la « Die Hard ». Kassovitz fait mijoter le cinéma de sa jeunesse pour servir un film dédié à ses enfants. Ils trouveront sans doute ce bon vieux pot-au-feu des familles un peu épais et la sauce musicale un peu lourde. « C'était du cinéma préparé avec amour qui vous tenait au corps », leur répondra-t-il.
A. G.
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