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WOMAN ON THE BEACH de Hong Sang-soo
Moon-sook à la plage
[ 20/08/08 ]
Une oeuvre drôle et amère, d'une beauté plastique saisissante.
Avec Kim Seung-woo,
Ko Hyun-joung, Song Sun-mi, Kim Tae-woo. 2 h 7.
Après « Night and Day », un autre film de Hong Sang-soo sort cet été, « Une femme sur la plage ». La femme s'appelle Moon-sook. La plage, Shinduri, se trouve sur la côte ouest de la Corée. Sur cette plage et autour de cette femme, deux hommes : son petit ami, le chef décorateur Chang-wook et le réalisateur Joong-rae. Celui-ci doit officiellement écrire un scénario. En réalité, il entreprend de séduire Moon-sook, qui ne tarde pas à céder à ses avances.
« Woman on the Beach » appartient à un genre que le cinéma français affectionne : l'histoire littorale d'« Un homme et une femme » ou de « Pauline à la plage » en passant par « Adieu Philippine ». Plastiquement, Hong Sang-soo signe sans doute ici son plus beau film. Il capte merveilleusement l'espace vierge d'une station balnéaire hors saison. Les arbres bourgeonnent, le soleil est juste tiède et la ville hiberne encore : les hôtels sont déserts, les restaurants souvent fermés. Sur la plage, aucun cri d'enfant ne vient troubler le souffle des vagues. Il fait trop frais pour se baigner mais assez beau pour se promener le soir à marée basse.
Roucoulades amoureuses
On peut apprécier « Woman on the Beach » pour la seule élégance de sa mise en scène : une jupe verte qui s'imprime sur les lignes d'une balustrade rouge, un ciré jaune plaqué sur un ciel dégradé de gris. Une série d'aquarelles qui raconte aussi un moment de la vie amoureuse d'une femme. Comme dans « Night and Day » (qui fut tourné juste après « Woman on the Beach »), Hong Sang-soo invente un langage à deux niveaux : des longs dialogues sur les relations entre Coréennes et étrangers, des coups de colère qui n'ont aucun sens. Le spectateur doit s'amuser à décoder ces piètres roucoulades amoureuses, voir qui des deux se montrera le plus intelligent ou le plus viril. Ou au contraire qui cachera le mieux sa fragilité. Personne n'est dupe : les hommes sont paons, les femmes belles et supérieures s'amusent de leurs parades ridicules... et finissent par souffrir vraiment. Amours, chagrins, tout ceci ne durera qu'une saison : la plage est une grande ardoise, le coeur tracé avec un bout de bois disparaîtra en un instant dans le ressac. Au bout du compte, il ne reste que l'horizon.
A. G.
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