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Strip-tease intégral
[ 20/08/08 ]
Vous lisez le journal quand, soudain, telle une sangsue, un oeil s'accroche à votre nuque. Vous vous retournez : il n'y a personne. L'homme invisible est de retour. Le classique de H.G. Wells semblait taillé pour le cinéma. James Whales se colle à l'adaptation en 1933 et reprend les grandes lignes de l'histoire : un savant s'injecte un produit qui le rend invisible, devient fou et sème la terreur autour de lui. Ivre de pouvoir, il décide de régner sur le monde, rien ne semble l'arrêter. Regard creux, pupilles vides derrière des lunettes noires..., les effets spéciaux restent suffocants. Porté par la voix tranchante de Claude Rains, l'homme invisible effraie mais sait également faire rire. Auteur de « Frankenstein », maître du fantastique, Whales est aussi un sacré coquin : il ose l'image d'une femme affolée poursuivie par le pantalon de l'homme invisible. On peut d'ailleurs penser que la popularité du film tient aussi au fait que son héros se promène nu dans une société puritaine. Otant une à une ses bandelettes, n'ose-t-il pas le premier strip-tease intégral de l'histoire du cinéma ? Soixante-quinze ans plus tard, il fascine encore mais pour d'autres raisons. Quand les grands de ce monde étalent leur pouvoir et leur vie sur les écrans, « L'Homme invisible » vient nous rappeler l'immense force de ceux qui ne se montrent pas... et, par conséquent, la vulnérabilité de ceux qui s'exposent aux regards de tous.
ADRIEN GOMBEAUD
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