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Paroles de champions
[ 20/08/08 ]
Le Français Mahiedine Mekhissi-Benabbad, médaillé d'argent olympique surprise du 3.000 m steeple, l'avait annoncé lors de la Coupe d'Europe à Annecy, fin juin : « J'irai à Pékin pour gagner une médaille. Je sais que ça dérange certains que je dise ça, mais c'est mon objectif. » Il l'a fait et, même si certains s'interrogent - au regard des suspensions qu'a connues le demi-fond national suite au dopage -, le jeune Rémois positive : « Maintenant, les Kényans me connaissent », a-t-il déclaré hier. Cela nous change des déclarations alambiquées de certains sportifs qui trouvent de drôles d'excuses à leur contre-performance. Championne olympique en 2004 à Athènes, la véliplanchiste Faustine Merret, qui a terminé hier à Qingdao sa carrière à une modeste 11e place aux JO 2008 reconnaît ses erreurs : « Je n'étais pas venue pour me battre pour la place de 10 mais pour le podium. On peut parler de manque de réussite. » Ereinté par la chaleur, le numéro un français du triathlon Frédéric Belaubre a expliqué avoir reçu un « coup de massue » qui l'a freiné dans les cinq derniers kilomètres de la partie course à pied de cette épreuve. Le triple champion d'Europe (2005, 2006, 2008) s'estime « super déçu » bien qu'il pense avoir « tout donné » et termine loin de sa 5e place des Jeux d'Athènes. Le sprinter Martial Mbandjock, éliminé en demi-finales du 100 m, se plaint d'avoir « beaucoup couru cet été » et « j'ai manqué d'un peu de fraîcheur... ». Son collègue Ronald Pognon, éliminé sur la même distance en quarts, déclare tout de go : « Je ne suis pas trop déçu car, en décembre, je ne savais plus courir. » Que venait-il faire à Pékin ? Même interrogation pour Christine Arron, longtemps malade ou blessée, avouant après sa piteuse élimination en quarts de finale du 100 m : « Je ne parviens pas à faire correspondre en compétition ce que je fais à l'entraînement et à l'échauffement. » Elle ajoute : « Je n'ai pas de jus. » La « reine » Christine espère finir par trouver le pourquoi « d'un état de forme capricieux, désorganisé et bizarre ». Le temps presse pour cette athlète de trente-cinq ans qui détient toujours le record d'Europe de la distance en 10"73. Quant à Laure Manaudou, elle veut faire un long break après le fiasco de Pékin, a-t-elle confié à l'« Equipe » (en date du 15 août) : « Penser à autre chose. Pendant combien de temps ? Je ne sais pas. Ça peut être un mois, comme six mois ou un an. J'ai vraiment envie de penser à autre chose, de profiter de ma famille, de mes amis. » Etonnant de la part d'une championne qui, le moins que l'on puisse dire, avait négligé les bassins depuis un an. Elle reconnaît pourtant que si elle retournait avec Philippe Lucas (son entraîneur fétiche), « je sais que les résultats reviendraient, mais je n'arriverais pas à encaisser son entraînement ». Triste aveu.
ALAIN ECHEGUT
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